Le rappeur américain DMX meurt à l’âge de 50 ans


Hospitalisée depuis le 2 avril à la suite d’un infarctus, la star du hip-hop est morte vendredi à l’hôpital de White Plains, à New York, a annoncé son avocat.

Le rappeur DMX lors d’un concert à Atlanta, en 2011. DAVID GOLDMAN / AP

Le rappeur américain DMX, de son vrai nom Earl Simmons, est mort vendredi 9 avril dans un hôpital de la banlieue new-yorkaise, où il était hospitalisé dans un état critique depuis une semaine. Il avait 50 ans.

DMX, l’une des grandes figures du hip-hop de la fin des années 90 et du début des années 2000, avait été hospitalisé vendredi dernier après un infarctus à l’hôpital de White Plains, au nord de New York. Interrogé, son avocat, Murray Richman, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il était mort vendredi vers 11 heures du matin, confirmant les informations de médias américains.

« Earl était un combattant qui s’est battu jusqu’au bout. Il aimait sa famille de tout son cœur, et nous chérissons les moments passés avec lui (…). Sa musique a inspiré d’innombrables fans à travers le monde », a déclaré sa famille dans un communiqué. « DMX était un artiste brillant et une inspiration pour des millions de gens à travers le monde, a souligné de son côté Def Jam Recordings, maison de disque avec laquelle il avait sorti plusieurs de ses albums les plus connus, dans un communiqué séparé. Son message de victoire par le combat, sa recherche de lumière pour sortir de l’obscurité, sa quête de vérité et de grâce nous a rapprochés de notre propre humanité. Il n’était rien de moins qu’un géant (…). Sa légende vivra à jamais. »

Sa famille devrait communiquer prochainement l’organisation de ses funérailles. Lundi, plusieurs centaines de ses fans s’étaient retrouvés devant l’hôpital pour prier pour son rétablissement.

Enfance difficile

Né Earl Simmons à Mount Vernon, à côté de New York, DMX a passé une grande partie de sa jeunesse à Yonkers, ville voisine de New York, où il était fréquemment battu. « Je n’ai pas vraiment eu d’enfanceconfiait-il au magazine Rolling Stone en 2000C’était toujours sombre et déprimant chez nous. » Revenant en 2020, dans un podcast, sur cette enfance difficile, il avait expliqué comment il lui paraissait alors impossible de parler de ses problèmes.

Il acquiert une réputation d’enfant compliqué, connu pour ses explosions de rage, et passe une bonne partie de sa jeunesse dans des maisons d’accueil. Dès l’âge de 14 ans, il enchaîne les séjours en prison, commettant notamment une série de cambriolages.

En 1984, il se met au beatbox, un genre ancré dans la musique hip-hop, qui consiste à produire avec sa bouche une multitude de sons. Après un séjour en prison, il commence à écrire ses propres paroles et à se produire dans un centre d’animation de quartier.

A nouveau sorti de prison en 1988, il se consacre au rap et commence à faire et à vendre des mixtapes. Charismatique, constamment bouillonnant d’énergie, il passe l’essentiel des années 1990 à se faire un nom sur la scène underground new-yorkaise. C’est à la fin de cette décennie qu’il adopte cette voix grave et ce style menaçant, à la masculinité exacerbée, qui feront sa réputation.

l participe aux « battles » de rappeurs dans lesquelles chacun s’affronte dans un exercice de style, avec notamment, au milieu des années 1990, un duel devenu célèbre contre un autre New-Yorkais, Jay-Z, alors en pleine ascension, dans une salle de billard enfumée du Bronx.

Succès aussi bien commercial qu’auprès de la critique

DMX a finalement connu son heure de gloire à la fin des années 1990 et début des années 2000, avec des tubes comme X Gon’Give It To Ya ou Party Up.

Auteur de huit albums, le dernier en 2015, DMX fait aujourd’hui partie des figures les plus noires du hip-hop, exposant ses démons intérieurs dans des hymnes qui lui ont valu un succès aussi bien commercial qu’auprès de la critique.

Son premier grand single, Get At Me Dog, avec Def Jam, est sorti en 1998, tiré de son premier album en studio, It’s Dark and Hell Is Hot. L’album s’était hissé à la première place du classement de Billboard, avec un deuxième hit, Ruff Ryders’Anthem, marquant le début d’un succès commercial qui durera plusieurs années.

Il a eu, tout au long de sa carrière, souvent maille à partir avec la justice, avec des inculpations pour possession de stupéfiants, cruauté envers les animaux, conduite dangereuse, non-paiement de pension alimentaire, ou encore s’être fait passer pour un agent fédéral.

En novembre 2017, il avait plaidé coupable de fraude fiscale, reconnaissant avoir évité de payer 1,7 million de dollars d’impôts. Il avait été condamné à un an de prison et à restituer quelque 2,3 millions de dollars.

Son avocat n’avait pas confirmé des informations du site spécialisé TMZ selon lesquelles le rappeur avait fait une overdose. DMX avait notamment fait une cure de désintoxication en 2019, selon TMZ.

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/04/09/le-rappeur-americain-dmx-meurt-a-l-age-de-50-ans_6076239_3382.html