La famille d’Ibrahima Bah, mort à moto à Villiers-le-Bel, réclame les images de vidéosurveillance


RDV LE 4/01/2020  Deux mois après l’accident mortel à proximité d’un contrôle de police du jeune homme de 22 ans originaire de Sarcelles, la famille, qui s’est portée partie civile, n’a toujours pas vu les images.

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Sarcelles. L’association Paix et Justice pour Ibrahima Bah réclame l’accès aux bandes de vidéosurveillance pour comprendre ce qu’il s’est passé le jour du drame. VIEPARIS.FR

« On veut voir les vidéos. On veut connaître les circonstances de la mort de notre frère, notre fils! » La famille d’Ibrahima Bah a pris la parole ce jeudi lors d’une conférence de presse organisée à Sarcelles. Le jeune de 22 ans est décédé le 6 octobre au guidon de sa moto à Villiers-le-Bel, à proximité d’un contrôle de police. Les raisons de l’accident restent à éclaircir. Une enquête pour homicide involontaire a été confiée à l’IGPN, la police des polices, le 19 octobre dernier.

« Deux mois après, ni notre avocat ni nous n’avons pu avoir accès aux images de vidéosurveillance », a déclaré Diané Bah, l’un des frères aînés de la victime. La famille s’étant portée partie civile, celle-ci a désormais accès au dossier. Les images vidéo, versées au dossier d’instruction, ont été placées sous scellés.

Une vidéo probablement incomplète

Selon les premiers éléments de l’enquête, la vidéosurveillance ne permettrait pas de déterminer les circonstances exactes du drame. La caméra située en face du poteau percuté par le motard pivoterait sur elle-même. Elle aurait filmé le début et la fin de la scène. Mais pas l’accident. Les bandes-vidéo sont désormais dans les mains des enquêteurs de l’IGPN.

Lors de son point presse, Diané Bah a aussi déploré que « le véhicule de police n’ait été examiné que le 8 octobre, soit deux jours après la mort d’Ibrahima », évoquant l’hypothèse d’un choc entre le motard et le fourgon de police. Selon une source proche du dossier, le camion aurait été stationné dans le commissariat local, où exercent les agents présents au moment de l’accident.

Un camion de police en cours d’expertise

« Ce décalage entre le jour de l’accident et l’examen du véhicule nous permet de craindre que le camion ait pu être réparé », souligne l’avocat de la famille, Yassine Bouzrou. « Le camion n’a jamais été caché », proteste une source policière.

Un enfoncement sur l’aile avant droite du fourgon de police présent au moment du drame a été relevé. Des traces de chocs apparaissent également sur la pédale gauche de la moto. Des éléments qui pourraient être compatibles avec l’hypothèse d’une collision entre le véhicule et la moto, selon les proches du jeune homme. « Il y a en a 10 000 des traces de coups sur un camion de police de Sarcelles ! » s’agace cette même source policière. Une expertise est cours. Elle devra confirmer ou infirmer la thèse d’une collision.

« Sa mort est une tragédie »

Cette possibilité n’a été évoquée que plusieurs jours après l’accident, par un témoin entendu par les enquêteurs. Le soir des faits, deux premières versions s’affrontaient, celle de la préfecture et celle d’habitants du quartier de la Cerisaie où s’est déroulée la scène, mais aucune collision n’était mentionnée.

« Ce ne sont que des insinuations, dénonce une source policière. Sa mort est une tragédie, mais ce n’est qu’un malheureux accident. » « Nous ne pouvons pas accepter de ne pas connaître les circonstances de la mort de notre frère », a martelé Diané Bah.

 

Les proches d’Ibrahima Bah organiseront le 4 janvier prochain un événement hommage à Sarcelles, avec une quarantaine de rappeurs, DJ et humoristes présents.

Par Victor Tassel et Anne Collin