A Hongkong, manifestation de colère contre les violences policières


7b39e86_GDN002_HONGKONG-PROTESTS-_0812_11.jpg L’aéroport de Hongkong a annoncé annuler tous ses vols au départ, lundi, après l’arrivée de 5 000 personnes venues protester…

 

 

Commencé dans le calme vendredi 9 août, le dixième week-end de protestation que connaît Hongkong depuis la mi-juin s’est terminé dimanche soir dans la violence. L’occupation depuis vendredi d’une partie du hall d’arrivée de l’aéroport s’est d’abord déroulée dans une ambiance bon enfant. Les protestataires qui ont accueilli les voyageurs en s’excusant de la gêne occasionnée et en expliquant qu’ils se battaient pour la démocratie ont plutôt réussi leur opération de communication même si les visiteurs en provenance de Chine continentale se gardaient bien d’afficher la moindre empathie à leur égard.

 

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Samedi, les centaines de parents et leurs jeunes enfants défilant sous un soleil de plomb ont montré que le mouvement de protestation restait populaire. Celui-ci a pourtant changé de nature depuis la manifestation fondatrice du 9 juin. Il s’agit moins désormais de lutter contre un projet de loi – désormais suspendu – facilitant les extraditions vers la Chine continentale que de protester contre les violences policières et réclamer que Hongkong devienne une véritable démocratie. Son chef de l’exécutif est en effet toujours nommé par Pékin.

La tactique des manifestants a également évolué. Aux grandes manifestations, les organisateurs préfèrent désormais les mobilisations éclair, bloquant simultanément plusieurs carrefours dans différents quartiers contraignant la police à se montrer extrêmement mobile. La stratégie des manifestants tient en un slogan, inspiré de Bruce Lee : « Je suis l’eau ». Menant leurs actions contre le gouvernement local et contre la Chine communiste, les manifestants ne s’en prennent ni aux commerces ni aux voitures mais exclusivement aux forces de l’ordre, notamment aux commissariats.

Nouvelle stratégie des autorités

Dimanche, celles-ci ont non seulement décidé de riposter mais n’ont pas hésité à s’en prendre violemment aux manifestants. A la suite d’un tir reçu, une manifestante pourrait perdre un œil ; violemment plaqué au sol, un manifestant semble avoir perdu plusieurs dents. Surtout, la police a tiré plusieurs grenades lacrymogènes à l’intérieur même d’une station de métro provoquant un chaos.

Certains agents en civil s’infiltrent désormais parmi les manifestants avant de s’en prendre à ces derniers. Le site Hong Kong Free Press a mis en ligne tôt dans la matinée du 12 août une vidéo d’un manifestant brutalement plaqué au sol par un homme portant le même équipement que les autres protestataires, c’est-à-dire un casque jaune et un tee-shirt noir, aidé d’un policier en uniforme.

 

Par Frédéric Lemaître