Avions abattus au Cachemire : comprendre la crise entre l’Inde et le Pakistan en 5 minutes


Régulièrement les relations entre les deux pays se tendent. Mais pourquoi tant de haine ?

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Depuis mardi, l’Inde et le Pakistan sont entrés dans une zone de turbulences. Des heurts ont eu lieu, faisant plusieurs victimes militaires et civiles au Cachemire.

Inde-Pakistan, une relation historiquement difficile

Les deux pays ne se sont jamais remis de la partition violente des Indes britanniques. Dans la nuit du 14 au 15 août 1947, il a été acté une séparation religieuse de l’ancien empire colonial en deux Nations indépendantes : d’un côté l’Inde hindoue, de l’autre le Pakistan musulman divisé en deux parties séparées par 1 600 km de territoire indien. Ce découpage a poussé des millions d’habitants sur les routes, pour rejoindre l’un ou l’autre des pays. La guerre civile a éclaté, des violences religieuses ont sévi dans les deux pays, faisant des ravages en vies humaines.

Sur cet héritage tragique, chaque pays a ensuite connu les soubresauts des effets de la décolonisation : le Pakistan a essuyé trois coups d’Etat ; l’Inde a vu monter progressivement les partis régionaux et une forme de nationalisme. S’y est ajouté un coup terrible : en 1971, alors que l’Inde prospère, le Pakistan a perdu sa moitié orientale, devenant le Bangladesh.

Le Cachemire, c’est où ?
Région montagneuse collée à l’Himalaya, le Cachemire est l’ensemble du territoire que couvrait avant 1947 l’État princier du Jammu-et-Cachemire. En 1947, il a été divisé en trois. Aujourd’hui l’Inde administre l’État du Jammu-et-Cachemire, le Pakistan dispose des territoires de l’Azad Cachemire et du Gilgit-Baltistan, la Chine a récupéré la vallée de Shaksgam et l’Aksai Chin, cédé par le Pakistan. L’Inde revendique les parties pakistanaises et chinoises. Le Pakistan ne réclame que le Jammu-et-Cachemire.

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Depuis 1947, l’Inde et le Pakistan se sont déjà livrés trois guerres, dont deux au sujet de cette région. Une ligne de partage a été trouvée en 1972. Elle se matérialise par un haut grillage, marqué de part et d’autre par des rangées de barbelés. De chaque côté, les deux pays stationnent des sentinelles, et les heurts entre elles sont réguliers. Les forces indiennes et pakistanaises se heurtent aussi parfois à des factions indépendantistes plus ou moins influentes.

Ce qui a mis le feu aux poudres
Le 14 février dernier, un attentat dans la partie indienne du Cachemire a fait plus de 40 victimes parmi les paramilitaires indiens. L’attaque suicide a été revendiquée par le groupe islamiste insurgé Jaish-e-Mohammed (JeM), établi au Pakistan. L’Inde accuse régulièrement son voisin de laisser prospérer, voire de soutenir, ces djihadistes. Mardi 26 février, à l’aube, l’armée indienne a donc envoyé ses chasseurs en territoire pakistanais, mener une « action préventive » pour détruire un camp d’entraînement. À 3h30, heure locale, douze Mirage-2000 ont largué des bombes sur une colline dans la jungle de Balakot, tuant plus de 300 personnes. Parmi elles, des médias indiens ont affirmé que figurait le beau-frère du leader de JeM.

Le Pakistan a nié l’existence de ce camp d’entraînement et a affirmé se réserver le droit de rétorquer à cette attaque. Ce mercredi matin, des avions pakistanais ont donc violé l’espace aérien indien à leur tour. Le bilan est toujours incertain, tant les informations contradictoires se multiplient.

Pourquoi tout le monde craint une escalade
Depuis 1998, les deux pays ont acquis l’arme nucléaire. Ce mercredi, le Premier ministre pakistanais Imran Kahn a d’ailleurs appelé l’Inde à s’asseoir à la table de discussions. « Dans l’histoire, ceux qui ont lancé une guerre en ignoraient l’issue. Je demande à l’Inde : avec les armes dont nous disposons, pouvons-nous nous permettre cette erreur de calcul ? Le bon sens doit prévaloir. »

Depuis mardi, les Etats-Unis, la Chine, l’Union européenne ont multiplié les appels à la « retenue ». La France a appelé ce mercredi les deux pays à la « désescalade ». Car les deux voisins disposent d’une importante force militaire.

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SOURCE / Julie Cloris|